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05/05/19 - Randonnée "Beltane" au départ de la Ferme de la Bouverie (Ferrières) - 15 km en boucle.

Beltane célébrait chez les anciens l’entrée dans la lumière des saisons fertiles. Les pluies de printemps ont nourri la terre, c’est le moment des floraisons. Au début du mois de mai nous sommes à égale distance entre l’équinoxe de printemps et le solstice d’été. C’était l’occasion de sortir et célébrer la nature par une immersion dans les éléments.

Pendant notre rando de Beltane, nous avons essuyé les derniers coups des seigneurs de l’hiver, pluie, grêle et les lourdes respirations des grands vents. Mais le feu gagne toujours à Beltane et la journée fut une réussite, pleine de belles sensations et de belles rencontres.




23/03/19 - Randonnée familiale et découverte du dessinateur Didier Comès, poète de l'Ardenne sauvage.

Le 23 mars 2019, l’équinoxe de printemps à peine passée, nous vous invitions à notre balade familiale en Ardenne autour de Stavelot. À l’occasion de l’exposition Didier Comès à l’Abbaye, nous avons proposé une exploration les paysages imaginaires de l’œuvre de ce grand dessinateur belge ardennais et une découverte des paysages physiques des forêts et campagnes de Stavelot.

21/12/18 - Randonnée nocturne

Nous avons proposé aux participants de faire l'expérience d'une marche nocturne de 10 km ; l'occasion de passer une soirée différente des autres, dans la nature, que l'on peut alors découvrir d'une nouvelle manière, les sens en éveil.

Un rendez-vous annuel, le jour du solstice d'hiver !

Nous remercions chaleureusement Le Chantoir du Pain de Remouchamps, chez qui nous nous sommes fournis afin de proposer aux marcheurs un casse-croûte en cours de route!

21/10/2018 - découvertes automnales

SEPTEMBRE 2018

Dimanche 30/09/18 / Randonnée de 19,3 km

Au départ de la Brasserie de la Lienne, nous sommes partis pour une belle randonnée d'une journée dans la nature. Au programme : de la marche évidemment, mais aussi de très belles rencontres, quelques activités libres d'éveil à la nature, des discussions enrichissantes et un vrai partage!

La prochaine se déroulera au printemps 2019, plus d'infos prochainement!


31 mai 2018

L'ASBL Terres et Nature a désormais le soutien de la société Vins & Elixirs de Franchimont à Theux !

Un petit tour sur leur site internet ? http://www.fleurdefranchimont.be/

4 mai 2018

L'ASBL Terres et Nature s'associe avec un apiculteur local (www.mieldenoire.be) dont elle soutient le projet en proposant son miel toutes fleurs de printemps. (8€ le pot)

Pour commander du miel ? > Contactez-nous! <

15 avril 2018

Terres et Nature soutient les initiatives régionales et accepte désormais le Val'heureux !

5 mars 2018

Vous trouverez ici les livres et textes qui ont, de près ou de loin, inspiré notre expérience.

20 février 2018

Il y a maintenant quelques temps je suis tombé au hasard des mes déambulations virtuelles sur un texte étrange, radical qui s'intitulait "The Dark Mountain Manifesto". Je l'ai dévoré, il m'a passionné puis il m'a hanté. Il s'agissait d'un manifeste écrit par deux activistes écologistes britanniques qui proposaient une vision bien noire de notre monde moderne, mais qui faisait écho avec mon propre sentiment diffus. Une fois passée l'impression de désespoir, quelque chose se passe, comme lorsque l'on souffle une bougie qui vous éclaire dans la nuit, l'opacité du noir se dilue et on commence à distinguer des formes floues, des ombres, puis la vue s'adaptant à la pénombre on se surprend à voir avec précision, et même très loin à l'horizon. Et on s'étonne ensuite de sentir en soi une intuition forte, une confiance qui prend forme et qui donne envie de suivre l'écrivain Paul Kingsnorth et son partenaire Dougald Hine lorsqu'ils nous invitent de manière radicale à renoncer aux histoires du mythe moderne du progrès qui nous a éclairés jusqu'ici nous enflant d'une hubris suicidaire. Il est question de reprendre notre place dans la grande fresque de la création à côté - et non au-dessus - des autres formes de vie de la planète et de commencer à raconter une nouvelle histoire qui ébranle ce qui a constitué la base de l'histoire de l'humanité depuis trop longtemps c'est-à-dire le matérialisme, l'individualisme, l'anthropocentrisme et l'absence de sacré. Kingsnorth et Hine ont depuis des années maintenant rassemblé dans leur communauté virtuelle des artistes visuels, écrivains, mythologues, écologistes radicaux qui s'engagent à raconter autrement notre histoire, à faire acte de mythopoièse collective pour proposer un autre scénario à notre civilisation que la fuite en avant dans un anthropocène suicidaire.

Sur leur site on trouvera leur manifeste ainsi que les productions du réseau d'artistes engagés dans ce mouvement. En attendant la création d'un nouveau site internet sur lequel figurera cette traduction, je vous propose ici leur manifeste en français.

Christian Poelmans

17 janvier 2018

Éco-psychologie et expériences de retrait dans la nature

L’éco-psychologie est une pratique assez récente sous ce terme-là. Mais elle marque la réunion de deux courants anciens de pensée jusqu’il y a peu séparés : d’un côté le champ d’observation, d’étude et de travail des psychologues et d’un autre côté les écologistes environnementalistes. Mariant ces deux courants l’éco-psychologie cherche à redéfinir et découvrir les relations de la santé à une échelle tant personnelle que planétaire.

Au niveau psychologique nous venons d’une science qui définit son objet d’étude sur le modèle médical scientifique, c'est-à-dire : l’individu biographique, « c’est la souffrance de moi dans mon corps et dans mon esprit ».

Depuis 20 ans et à la suite des découvertes de psychologues comme CG Jung et les approches systémiques, on commence à remettre en question la limite de notre champ d’observation et d’actions. Jung a beaucoup exploré les notions d’inconscient collectif, les phénomènes de synchronicités qui ébranlent les limites du moi telles que nous les concevions jusque là. L’humain se voit connecté à une couche collective de l’inconscient et du monde… Le moi n’est donc plus le maître dans la « maison corps », mais il est le jeu d’influences de forces internes et relationnelles.

Les systémiciens sont ceux qui ont poursuivi cette idée et ont pensé l’humain dans ses articulations relationnelles avec les proches tout d’abord (d’où sont issues les thérapies de couple et familiales notamment) pour s’intéresser aux écosystèmes élargis ensuite.

On en arrive ainsi à une nouvelle conception où la séparation entre l’humain et son environnement ne tient plus. Gregory Bateson, le théoricien des modèles systémiques, nous invite à nous éloigner de l’erreur épistémologique fondamentale de la civilisation occidentale : « la vision d’un soi séparé de la nature est une terrible illusion, dit-il. La coupure avec la nature n’est pas inhérente à notre être, mais elle est une perception subjective qui est la manifestation de l’ego dans sa volonté de contrôler le monde extérieur ou de s’en protéger ».

Hillman pose cette même question : où est-ce que « je » finit et le non-je commence ? où la psyché et la matière se séparent ?

Le rationnalisme de Descartes avait tranché que seuls les humains avaient une conscience et le reste de la Création étaient une matière inerte ou vivante à notre disposition.

D’un autre côté les biologistes et chercheurs en sciences dites « dures » ont dû se rendre à l’évidence qu’ils ne pouvaient plus étudier l’environnement sans y intégrer l’humain. Son impact dans l’équilibre des systèmes du vivant s’est avéré au fil des dernières années incontournable et destructeur. La Nature est malade et l’homme en est pour une bonne part responsable.

Aujourd’hui, il convient de remettre en question cette coupure arbitraire entre le moi et le monde. Et l’éco-psychologie est cette nouvelle approche qui considère qu’à son niveau le plus profond, la psyché reste liée émotionnellement à la terre, cette terre qui nous nourrit et nous porte comme une mère.

Avec ce nouveau paradigme, l’éco-psychologie pourrait mener vers des changements tant personnels que sociétaux, elle pourrait amener à une nouvelle formulation des stratégies politiques des mouvements environnementalistes, une nouvelle compréhension de notre santé individuelle et de notre santé comme organisme collectif du vivant avec toutes les autres formes de vie.

Animées de l’intention d’élargir sa conscience de soi et du monde, en revitalisant le lien intime entre la psyché et la nature, les écopratiques visent essentiellement à restaurer les relations brisées ou déséquilibrées avec la nature extérieure et intérieure, afin de permettre à la personne de retrouver sa plénitude d’être originelle et d’accomplir son humanité indissociable de la toile de la vie. Les écopratiques font le pari que si l’homme renoue avec la part sacrée de la nature, il pourra peut-être commencer à se raconter une nouvelle Histoire dans laquelle les Hommes et la Nature réaprennent à se respecter et à dialoguer comme c’était le cas avant la révolution industrielle.

C’est ainsi notamment par la reconnexion au sauvage, que l’on peut soigner cette rupture entre l’homme et la nature. Sans une expérience intime avec la Nature, les humains deviennent fous. Pour cela il y a différents modes de reconnexion avec le sauvage, la quête de vision en est une :

L'expression "quête de vision" est un terme utilisé par les anthropologues pour désigner un rite de passage propre aux Amérindiens des plaines. Le rite ( Hamblecheya – pleurer pour un rêve en Langage Sioux) consiste à partir seul dans la forêt ou la montagne, à jeûner et à s'exposer aux forces de la nature sauvage en vue de recevoir des enseignements. On fait généralement une quête de vision pour trouver une guidance spirituelle et à un moment de transition entre deux cycles de vie renouveler le sens de sa vie. C’est un temps de communion profonde avec les forces fondamentales de la nature et les énergies spirituelles de la création. Du point de vue métaphorique, c’est un processus qui symbolise la mort et la renaissance à autre chose. Ce rite de passage crée un contexte puissant de rencontre avec soi-même et favorise l'ouverture à la dimension sacrée et poétique du monde.

C’est un temps de solitude pendant lequel on se met à nu, les couches superficielles des gestes quotidiens et pensées sont dépouillées par le contexte d’isolement et de contact avec les éléments de la nature. C’est un cadre propice à découvrir ce qui est vraiment important dans notre vie. On peut toucher à la source de la douleur à l'intérieur pour plus tard commencer à travailler à la guérison. L’ombre intérieure s’invite et on peut y être confronté. Une quête peut également nous donner l'assurance de notre objectif de vie et nous aider à développer une profondeur spirituelle.

En effet, notre monde moderne s’est raconté fièrement et jusqu’à l’orgueil – l’hubris, cette inflation de l’égo – que rien ne pouvait l’arrêter, que la terre et ses richesses appartenaient à qui savait les prendre et les exploiter. Le programme rationaliste scientifique au service d’un marché sans cœur a déséquilibré de manière peut-être irréversible les écosystèmes qui se rééquilibreront certainement un jour, mais ce qui est moins sûr c’est que nous humains fassions partie de ce nouvel équilibre. Les quêtes de vision, par cet isolement dans la nature sauvage, ont également cette puissance de nous relier à l’environnement en le réenchantant et en redécouvrant ce que nous avons oublié, c’est-à-dire que la nature et ses autres habitants participent au même titre que nous à l’âme du monde. Sans cette prise de conscience de la part spirituelle que nous partageons avec la nature, nous sommes condamnés à subir la victoire suicidaire du monde technique et désenchanté.

Retrouver le dialogue et réécouter la nature et ce qu’elle a à nous dire est bon pour nous mais aussi pour notre relation avec elle. Comme le paradigme de l’éco-psychologie le propose, la santé de l’un va de pair avec la santé de l’autre.

Les lieux parlent, les éléments parlent c’est nous qui avons oublié comment les écouter. Ecoutons donc ce qu’elle a à nous dire.